Les filles dans la BD

L’arrivée d’un personnage féminin dans la bédé ou dans une série déjà connue est souvent due au hasard… bien des dessinateurs vous le diront !!! Mais parfois, l'histoire est bien différente !

Bonjour à vous toutes, à vous tous aussi !!!

J’espère n’oublier personne !!! … Car maintenant, on ne sait plus à qui on s’adresse… Ha! Ha!

C’est la mode, que voulez-vous !!!

L’arrivée d’un personnage féminin dans la bédé ou dans une série déjà connue est souvent due au hasard… bien des dessinateurs vous le diront !!!

Mais parfois, l’histoire est bien différente d’une à l’autre !

Par exemple chez André Franquin, qui avait déjà, dans les années cinquante, amené “Secotine”, une petite journaliste qui fit pas mal d’ombre à Spirou et Fantasio (surtout Fantasio) et qui, d’album en album, évolua jusqu’à devenir conférencière dans la formidable aventure “Le nid du Marsupilami”.

Une sorte de documentaire façon le “Jardin Extraordinaire” (très ancienne et célèbre émission de notre cher RTBF) qu’elle avait réalisé et présentait dans des centres culturels.

Je vous conseille cet album, un véritable chef d’œuvre de notre cher André.

Ensuite, il y a “Sophie” de Jidéhem, mon vieil ami “Jiji”, comme il voulait qu’on l’appelle, lui qui fut le plus formidable adjoint et ami de Franquin.

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Souvenons-nous des fabuleux décors de quelques albums de Spirou et Fantasio (“Le prisonnier du Bouddha”,”Z comme Zorglub” etc) et surtout le dessin sur des gags et croquis de Franquin de notre chère “Gaston Lagaffe” d’à peu près les quatre-cent premiers gags… ou plus !!!

Franquin le nommait à chaque fois qu’il avait participé à une de ses BD. L’honnête André.

Oui, quand Jiji présenta sa “Sophie” (quinze années avant “Natacha”), il y eut bien du mal, car il voulait dessiner une petite jeune fille de dix-sept ans… Aïe… et chez Dupuis, à l’époque, cela ne s’était jamais vu dans le “Spirou” !

Et après une discussion d’une journée, avec le service commercial en tête… qui n’était pas contre l’idée d’adjoindre cette petite fille avec son célèbre “Starter”… Mais, Jiji, dû, après plusieurs croquis, “raboter” ce petit personnage de dix-sept ans pour en faire celle que vous connaissez bien, une gamine de neuf à dix ans.

La première version du personnage avait tout pour plaire et ça ne passait pas à l’époque. Cela changea bien avec les années qui suivirent… “Bonjour” à “Natacha” et “Yoko Tsuno”.

 

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Jiji était arrivé trop tôt.

Bien que dans le journal “Héroïque-Album” (les années cinquante) avec son personnage de détective “Ginger”, il y avait sa copine “Véraline”, adulte, tout comme “Linda” qui, finalement enquiquina “Félix” de Maurice Tillieux, qui lui, la transforma en “Queue de cerise”, la petite secrétaire de Gilles Jourdan.

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Quand Maurice passa dans le journal “Spirou” en 1956, elle aussi fut moins féminine que “Linda” de Félix. Mais les temps changent.

… Oui, chez Peyo, où je collaborais aux “Schtroumpfs”, depuis l’album numéro deux jusqu’au “Bébé Schtroumpf”… (Faites le compte)!

Peyo eut l’idée de faire intervenir une fille parmi ces cent “Schtroumpfs” !

Ce sera la “Schtroumpfette”. On était en 1966-67, je crois que ce sera le 4eme album, je crois… mais je m’avance : Il avait bien une idée précise mais il ne savait pas du tout comment elle serait… une sorte de Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe.

En fait, l’idée c’était d’amener une dame dans un milieu où il n’y a que des mecs …Et l’ambiance sera différente de quand ils sont seuls !

Cela vaudra à Peyo d’être traité de tous les noms par certaines…

Quand l’histoire commença, c’est Gargamel, l’infâme sorcier, qui eut l’idée de la créer pour aller foutre la merde chez les Schtroumpfs.

Mais n’ayant pas de goût, il en fit une petite boulotte gentille, à cheveux noirs et Peyo stressé, car il avait été promettre à un magazine féminin français, qu’il en aurait la primeur du personnage définitif.

Bref, plus les planches du début avançaient et plus Peyo retardait l’arrivée de la Schtroumpfette qui allait révolutionner leur petit monde.

Cependant, les Schtroumpfs, eux, avaient rencontré la petite boulotte à cheveux noirs et lui faisaient des tas de vacheries avec des miroirs déformants pour faire croire qu’elle était trop grosse, et j’en passe.

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Il faut dire que la petite boulotte ignorait qu’elle avait été créée par Gargamel, elle était gentille et pleurait.

Le Grand Schtroumpf en eut pitié, et c’est lui, qui, avec des filtres, la rendit telle que nous la connaissons… Et ce fut le coup de foudre immédiat chez les Schtroumpfs… Qui commencèrent à faire n’importe quoi pour lui plaire.

Mais Peyo, en avait pleuré la nuit dans son lit (son épouse, Nine, me l’a dit).

Et nous, on attendait la planche avec son apparition car la planche précédente, à la dernière image, on voit les têtes des Schtroumpfs qui, eux, la voient… Mais pas le lecteur !

Peyo avait déjà réalisé quelques croquis au crayons sur son bureau et c’est Franquin qui, appelé au secours par Nine, arriva tôt le matin et dit : “Mais voilà” ! “Ces croquis, ça va” ! “Tu l’as” !

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