Le numéro 2, Natacha et le Maharadjah.
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Bonjour à vous tous ! toutes !
Mon fiston Nicolas, qui a toujours de bonnes idées, me demande de raconter l’histoire du deuxième album de Natacha.
Oui, parce que préparer une aventure est toujours une autre aventure ! …
Roland Goossens (Gos) qui travaillait sur les Schtroumpfs comme moi dans l’atelier de Peyo à Uccle, Bruxelles, avait, à ses heures perdues, écrit la première aventure de Natacha, Hôtesse de l’air que j’avais réalisé en dessin (cela avait pris plus de deux années tout de même) !
Carte blanche n°19 - Les aventures du 1er album de Natacha !Tout cela entre deux planches de Benoît Brisefer et lui des petites mains bleues. Natacha finit par paraître le 26 février 1970 dans le journal Spirou et, grande et agréable surprise, remporta, on peut le dire, un très grand succès.
Aux éditions Dupuis, dès lors, la parution du premier album de Natacha ne se fit pas attendre et Monsieur Charles Dupuis nous réclama un deuxième épisode !
Roland et moi avions bien quelques idées, mais pas très précises !
Cela allait s’ajouter à notre travail régulier chez et pour Peyo qui rigolait bien et gentiment: “Ben, vous voilà arrangés tous les deux !”
Et je dois dire qu’à notre demande, il n’hésitait pas à nous donner des conseils et son avis sur notre travail.
…Qu’à cela ne tienne, après journée, de retour chez lui, Roland, tous les soirs, se mit à cogiter et le lendemain, à l’atelier, nous discutions du prochain projet de l’histoire pour cette petite hôtesse !!!
Et l’avantage de ce métier d’hôtesse de l’air, c’est qu’elle peut être dans n’importe quel pays du monde, ça ouvre les portes à n’importe quels décors et quels lieux !
C’est aussi pour cela que beaucoup de personnages de bédé étaient soit journalistes (Tintin, Ricochet, etc) ou détective (Gilles Jourdan ou Jean Valhardi)…
Dans ce cas, Natacha s’envola vers les Indes pour sa deuxième aventure !
Mais dans une province un peu incertaine (sinon il n’y avait pas d’histoire).
Ce sera “Natacha et le Maharadjah” dès lors je me suis mis avec Roland à la recherche de documents sur le sujet… décor, temple, paysage, allure et personnages !!! Le Maharadjah et ses hommes, la population ! …
Enfin, cela a pris pas mal de temps ! Découpe de photos dans les journaux, les reportages à la télé, il faut dire qu’à l’époque, les moyens techniques de maintenant n’existaient pas et les recherches de documents prenaient un temps fou.
Internet n’était pas là et on était tout au début des années 1970 – 71.
Mais à l’époque, beaucoup de jeunes gens commençaient à avoir accès plus facilement à la voiture, vu les prix plus démocratiques et le goût des plus longs voyages s’installa.
Moi-même, je fus embarqué avec mes amis Pierrot, Albert et Bouboule dans un voyage en Grèce par l’Italie en Volkswagen pendant un mois !
Là, c’était en 1967, pendant le coup d’État des Colonels, il y avait des chars et l’armée partout, mais ça, c’est une toute autre histoire !
Ce qui fut bien pour ma documentation, c’est qu’après nous à Cheratte (mon village), d’autres sont partis, mais bien plus loin en buggy, direction les Indes en passant par Katmandou, ensuite le Gange, le fleuve sacré, … L’Afghanistan… et de retour avec de très bonnes photos… Ils me les prêtèrent.
Souvent prises vers l’Afghanistan. Cela donne à cette deuxième aventure de Natacha l’ambiance des personnages plus afghans que hindous ! Certaines têtes étaient assez typées dans l’album !

Mais ce n’était pas grave, cela donna un bel album, je crois. Ce fut aussi le dernier scénario de Roland (Gos) pour Natacha car il commençait à être très pris par les histoires de son petit personnage du “Scrameustache” et il faut dire aussi que Roland était payé, comme moi, quand j’avais terminé une planche de ma petite hôtesse !
Gos étant marié, avait d’autres obligations que moi (HA!HA!). Et il dû produire plus et plus vite.
Merci, Ami Roland !!!
Natacha continua bien entendu. Je vous raconterai, à bientôt.
François Walthéry
Certains parmi vous ont remarqué que la couverture du premier Natacha ne fut pas toujours la même et il y a une anecdote derrière cela ! Merci Charles-Louis Detournay ! 🙂

