Rencontre avec Ricet Barrier
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Bonjour à vous toutes et tous.
Je vais vous parler de la rencontre que j’ai faite avec Ricet Barrier. Une très belle rencontre !
Dans le métier de dessinateur de BD, au bout de quelques années, à chaque sortie d’un nouvel album, il est de coutume d’en assurer la promotion.
Ce qui comprend pas mal d’obligations parfois ressenties comme une corvée (c’est rare) et souvent amusante !
Cela consiste en séances de dédicace dans diverses librairies et foire du livre. Le tout annoncé dans la presse, à la radio. (RTBF, les interviews de journalistes, RTL, etc).
Sans oublier les grandes émissions de télévision, émission pour la jeunesse, pour des séquences sur les livres en général.
C’est dans ce genre de contexte que vous côtoyez des tas de gens de différents milieux artistiques.
Le cinéma, le théâtre, la littérature, le jazz, la chanson, et là, pour moi, ce fut un de mes jours de chance.
C’est là que j’ai rencontré un poète et chanteur de la très bonne chanson française avec son style humoristique inimitable qui a fait rêver mon enfance et bien plus. Ricet Barrier, le créateur et l’interprète fabuleux de centaines de chansons.
Mon premier contact avec Ricet Barrier remonte dans les années 1959, à la radio passait un de ses plus grands succès : “La servante du Château”… a hurlé de rire.
J’avais 12 ans et avec sa voix particulière, je croyais tout d’abord que c’était deux duettiste, “Ricet et Barrier”, dans la même veine que “Salvator et Adamo” (rire)…
Outre son humour particulier dans ses textes, j’appréciais les histoires que racontaient les chansons. On se souvient de “Oh , bijoux”, du “Le savoir vivre”, de “N’insistez pas Stanislas, et des tas d’autres… de véritables petits scénarios !
Ricet côtoyait d’ailleurs tout le monde du spectacle et des cabarets parisiens. De Raymond Devos à Jacques Brel, faisant même souvent les premières parties des galas de ces derniers. Quel plaisir, c’est la famille disait Ricet.
Le temps a passé pendant lequel je continuais à rire et écouter les chansons de Ricet Barrier à la radio, tandis que j’apprenais mon métier de dessiner des BD chez les Schtroumpfs dans l’atelier de Peyo à Uccle (Bruxelles). À l’époque, je dessinais déjà “Natacha” et “Benoît Brisefer”.

Et là arrive un moment où l’on me demande de participer à des émissions de télé, promotion oblige. Et ici, il s’agissait de l’émission “Feu vert” avec l’animateur Jacques Careuil. (C’était à la RTB, cet animateur pour la jeunesse invitait souvent des dessinateurs pour illustrer, en direct, la chanson de l’invité de la semaine !
Donc voilà qu’en juillet 1978, la RTB me téléphone pour que je vienne dessiner à mon tour. Et le chanteur invité fut Ricet Barrier ! “Wow formidable”, que je me suis dit.
j’allais enfin le rencontrer !
Ce que j’ignorais c’est que Ricet appréciait la bande dessinée belge comme pas mal d’autres chanteurs comme Eddy Mitchell par exemple !
Ricet avait reçu, à l’époque, le grand prix de l’académie “Charles Cro” , et muni de son dernier 33 tours, j’arrivais le mercredi comme prévu pour “Feu vert” dans les bâtiments de la RTB du boulevard Reyers.
J’espérais avoir une dédicace.
Et dans les coulisses, je discute avec son épouse Anne avant de monter sur le plateau pour illustrer l’une de ses chansons.
Ricet se met à chanter (émission était en direct) une histoire de “petit cochon”, je me souviens.
Et Ricet, distrait par mon dessin, se trompe dans ses couplets ! À cause de moi… Mais en bon professionnel, se rattrapa avec classe et facilité.
De retour dans les coulisses, Anne, qui a bien rigolé en attendant la fin de l’émission, me dit que Ricet adore la BD et surtout “Johan et Pirlouis” (… et tous les autres, Franquin, Roba, …) ! Du coup, je téléphone à Peyo, qui adore les chansons de Ricet !
“Quoi, tu es avec Ricet Barrier” !
“Incroyable, j’appelle les autres et on lui fait une surprise ce soir chez moi” ! (Les autres étaient : Roba, Franquin, Jidéhem, Will, Morris, etc)
L’émission terminée, Anne, moi et Ricet avons fait un tour dans Bruxelles sans rien dire à ce dernier avant d’arriver chez Peyo et de passer une superbe soirée tous ensemble.
Ricet a même chanté quelques chansons pendant le repas. C’est ainsi que je paie mon souper, avait-il dit en blaguant.
Plusieurs amitiés sont nées pendant cette soirée entre Ricet et Will, ainsi que peyo. Au fond, on fait un peu le même métier avec des moyens différents.
Voilà une belle rencontre, non ?
Pendant des années, Anne et Ricet viendront souvent loger chez moi à Cheratte lorsqu’il venait chanter en Belgique. J’ai même dessiné une pochette de disques pour lui !
J’ai porté sa guitare dans différents concerts… mais je vous raconterai cela plus tard.
Amitiés, François Walthéry.

